Econocom met en garde contre le ralentissement de la croissance de l’économie circulaire

Zaventem, le 11 juillet 2019 – Les habitudes changent : vous pouvez désormais souvent utiliser, partager ou louer ce que vous deviez acheter hier. Ces dernières années, des centaines de projets circulaires ont été développés dans notre pays, souvent avec le soutien de Vlaanderen Circulair côté flamand, et bientôt du SPW, côté francophone. Ces projets sont encore souvent en phase de démarrage, alors qu’un effet d’échelle est indispensable pour exercer un impact significatif sur l’environnement et l’économie. Selon un rapport publié aujourd’hui par le prestataire de services Econocom Lease, le potentiel de croissance des projets circulaires est entravé, entre autres, par un manque de financement créatif et adapté.

Selon les chiffres publiés par le cabinet de conseil The Boston Consulting Group, 32 à 47 % des entreprises ont déjà adopté le mode de pensée circulaire en matière d’achat, de conception, de production et de recyclage des produits. Cependant, seulement 12 % d’entre elles adoptent un business model qui offre également les produits en tant que service.

« L’économie circulaire s’appuie sur la re-conception et le recyclage mais également sur de nouveaux modèles de rentabilité innovants et durables, tels que les modèles « as-a-service », les plates-formes de partage ou l’utilisation temporaire », explique Hilde Janssens, experte en entrepreneuriat circulaire chez Econocom Belgique et Luxembourg. « Ce sont des combinaisons produit-service dans lesquelles le client n’est plus le propriétaire mais l’utilisateur. La facturation variable basée sur le paiement à l’utilisation et la gestion du cycle de vie des actifs - l’asset lifecyle management, représentent de nouveaux défis pour les prêteurs traditionnels. ».

Offre des institutions financières trop peu adaptée aux projets circulaires innovants

Le rapport d’Econocom met en évidence que nos institutions financières belges n’ont pas suffisamment adapté leurs services aux modèles économiques circulaires. Dans le cas de demandes de prêts d’entreprises qui veulent innover avec des projets circulaires, ces institutions accordent encore trop d'importance aux risques d’investissement par rapport au potentiel retour sur investissement.

Les instruments existent pour répartir ce risque d’investissement entre plusieurs parties telles que les assureurs-crédit ou les fonds de garantie, qu’ils soient combinés ou non. Le rapport met en lumière que ces possibilités de couverture des risques sont insuffisamment connues ou exploitées.

L’intégrateur financier est appelé à jouer un rôle toujours plus important

Résultat de ce qui précède, les entrepreneurs circulaires doivent souvent préfinancer eux-mêmes l’investissement, tandis que leurs revenus sont répartis sur la durée du contrat circulaire avec le client final. Il en résulte un impact moins favorable, mais évitable sur la situation de trésorerie. De plus, en tant que propriétaires, ils doivent activer les produits dans le bilan, leur service comptable doit soudainement traiter une multitude de factures de loyers périodiques et le préfinancement devient un véritable défi en raison du flux de revenus différés.

« L’entrepreneuriat circulaire nécessite d’autres formes de collaboration financière : un financement bilatéral entre la banque et le client n’est plus suffisant. Il arrive encore trop souvent que les entrepreneurs circulaires pensent, à tort, qu’ils doivent rester propriétaires s’ils veulent offrir leur produit en tant que service. En « co-créant » une combinaison produit-service avec un partenaire de financement ou un intégrateur, ils transfèrent la propriété des actifs, n’ont pas besoin de préfinancement et leurs revenus et dépenses sont alignés. L’intégrateur gère les relations et les accords entre les différents fournisseurs, prestataires de services financiers et clients », indique Christian Levie, Deputy Managing Director d’Econocom Lease et membre du conseil d’administration de l’Association belge de Leasing (ABL).

Arrêter la promotion du financement linéaire

Enfin, le rapport d’Econocom formule un certain nombre de recommandations à l’intention des autorités pour accélérer l’économie circulaire. Les collectivités publiques et les communes voudraient montrer l’exemple en matière de marchés publics et d'achats circulaires, mais, pour l’instant, force est de constater que tous les avantages fiscaux tels que les déductions pour investissement et les subventions ne soutiennent que les achats finaux par les entreprises.

Econocom plaide donc en faveur de nouveaux incitants fiscaux pour l’éco-conception, la réparabilité et la recyclabilité, complétés par une baisse de TVA de 21 à 6 % pour les produits et services qui contribuent à une utilisation optimale des matières premières par la réparation ou le recyclage. L’entreprise demande également que le loyer, le leasing et les formules « as a service » soient assimilés à des prêts bancaires dans le contexte des cahiers des charges des autorités.

De nombreux projets

Econocom finance déjà aujourd’hui de nombreux projets circulaires concernant, entre autres, les TIC, les vélos électriques, le mobilier de bureau, les revêtements de sol, les casiers intelligents, la signalétique numérique et l’éclairage.

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Télécharger le rapport (seule la version NL est disponible)