La souveraineté numérique est devenue un enjeu stratégique pour les entreprises. Mais lorsqu’on parle de souveraineté, une question revient souvent : où sont stockées nos données ?
La question est essentielle. Mais elle n’est plus suffisante.
À mesure que les entreprises s’appuient sur le cloud, l’intelligence artificielle et des écosystèmes technologiques toujours plus complexes, un autre sujet prend de l’importance : qui contrôle réellement leur IT ?
Car la souveraineté numérique ne se résume pas à l’endroit où sont hébergées les données. Elle se joue aussi dans l’architecture, les technologies choisies, les dépendances créées et la capacité à faire évoluer son environnement.
Être en Europe ne signifie pas tout maîtriser
Héberger ses données en Europe constitue une première étape. Mais la souveraineté numérique ne se limite pas à une adresse géographique.
Une infrastructure peut être localisée au Luxembourg ou ailleurs en Europe tout en reposant sur des logiciels, des technologies ou des services fournis par des acteurs externes. La question devient alors celle du contrôle : qui administre l’environnement ? Qui détient les accès ? Quelles sont les dépendances ? Et surtout, que se passe-t-il si l’entreprise souhaite changer de fournisseur ?
La souveraineté est donc aussi une propriété de l’architecture IT.
Une infrastructure pensée pour conserver de la visibilité, de la flexibilité et de la réversibilité ne répond pas aux mêmes enjeux qu’un environnement dont les composants sont fortement interdépendants.
Être souverain ne signifie pas être indépendant de tout. C’est être capable de choisir de quoi l’on dépend.
Cloud et IA : de nouvelles dépendances à maîtriser
Le cloud a apporté une flexibilité considérable aux entreprises. Les ressources sont accessibles rapidement, les infrastructures peuvent évoluer selon les besoins et les investissements sont davantage alignés sur les usages.
Mais cette flexibilité peut aussi créer une dépendance lorsqu’une entreprise concentre une part importante de son IT chez un même fournisseur ou sur une technologie propriétaire.
La question n’est donc plus de savoir s’il faut aller dans le cloud, mais quel environnement est réellement adapté à chaque workload.
Cette réflexion devient encore plus stratégique avec l’essor de l’IA.
Les projets d’intelligence artificielle nécessitent des capacités de calcul considérables, mais aussi des données, des infrastructures et des services capables de les traiter. L’Europe cherche d’ailleurs à renforcer ses propres capacités dans ce domaine : la Commission européenne prévoit notamment le développement d’AI Gigafactories afin d’accroître les capacités européennes de calcul dédiées à l’IA.
Derrière cette ambition se trouve un enjeu clair : maîtriser les infrastructures qui permettront de développer les technologies stratégiques de demain.
Pour les entreprises, le raisonnement est similaire à une autre échelle. Quelles données peuvent être confiées à une solution d’IA ? Où sont-elles traitées ? Quels services sont critiques ? Et que se passe-t-il si l’accès à une technologie ou à un fournisseur devient indisponible ?
La réversibilité, un indicateur concret
Il existe finalement un moyen simple de tester le niveau de souveraineté d’un environnement IT :
Que se passerait-il si vous deviez en sortir demain ?
Changer de fournisseur cloud, déplacer une application critique ou migrer des données peut rapidement devenir complexe lorsque l’environnement est fortement dépendant d’une technologie ou d’un acteur.
La réversibilité ne doit donc pas être envisagée uniquement lorsqu’un changement devient nécessaire. Elle doit faire partie de la réflexion dès la conception de l’architecture.
Interopérabilité, documentation, maîtrise des accès, portabilité des données, choix d’architectures adaptées : autant de leviers qui permettent de conserver une capacité de décision dans le temps.
Car une infrastructure véritablement maîtrisée n’est pas seulement une infrastructure performante. C’est une infrastructure dont on peut encore faire évoluer les choix.
Quatre questions pour mesurer sa souveraineté numérique
Avant de parler de souveraineté, il peut être utile de revenir à quelques questions très concrètes :
Où sont réellement mes données et qui peut y accéder ?
La localisation physique ne suffit pas. Il faut également comprendre les mécanismes d’accès, d’administration et de gouvernance.
De quelles technologies ou fournisseurs suis-je dépendant ?
Identifier les dépendances critiques permet de mesurer les risques associés à un changement de conditions, de technologie ou de fournisseur.
Puis-je déplacer mes workloads si nécessaire ?
La portabilité et la réversibilité sont essentielles pour conserver une marge de manœuvre dans le temps.
Ai-je la capacité opérationnelle de reprendre le contrôle de mon environnement ?
La souveraineté ne repose pas uniquement sur la technologie. Elle dépend également des compétences, des processus et de la capacité à exploiter l’environnement.
Ces questions permettent de passer d’une vision théorique de la souveraineté à une approche beaucoup plus concrète : quelle liberté de décision notre architecture IT nous laisse-t-elle réellement ?
Souverain ne veut pas dire tout faire soi-même
La souveraineté numérique ne signifie pas pour autant qu’il faut tout internaliser.
Gérer seul une infrastructure complexe peut créer d’autres formes de dépendance : manque de compétences, ressources limitées, difficulté à assurer une disponibilité permanente ou incapacité à suivre l’évolution rapide des technologies.
L’enjeu est plutôt de trouver le bon équilibre entre autonomie et accompagnement.
Les entreprises peuvent ainsi s’appuyer sur des partenaires pour exploiter et sécuriser leur IT tout en conservant la maîtrise des éléments qui sont stratégiques pour leur activité.
Le cloud privé, les environnements hybrides et les services managés peuvent notamment répondre à cette logique : bénéficier de la flexibilité et de l’expertise nécessaires, sans perdre de vue les enjeux de contrôle, de sécurité et de réversibilité.
Garder le choix
La souveraineté numérique n’est donc pas un retour au « tout on-premise ». Elle ne consiste pas non plus à se couper des technologies internationales.
Elle consiste à garder la capacité de choisir.
Choisir où héberger une workload
Choisir quelles données externaliser
Choisir quelles dépendances accepter
Choisir quand faire évoluer son infrastructure
La souveraineté numérique ne consiste finalement pas à supprimer toute dépendance : elle consiste à éviter qu’une dépendance ne devienne une contrainte.
Dans un environnement technologique en constante évolution, garder le contrôle de son IT, c’est avant tout garder la possibilité de choisir.
Contactez Econocom et découvrez comment nous pouvons vous aider à renforcer la maîtrise, la flexibilité et la souveraineté de votre environnement IT.